Le guichet unique du 13e arrondissement
La maison de l'autonomie du 78 avenue de France a enregistré 11 842 demandes entre février 2023 et juin 2024, et le délai moyen de traitement est passé de 34 jours à 19 jours, un gain obtenu grâce à 6,4 équivalents temps plein affectés au guichet, soit 1,8 de plus que ce qui avait été annoncé dans la délibération initiale.
Le taux de dossiers complets déposés du premier coup atteint 71 %.
Le reste a nécessité un second passage, souvent parce que le justificatif de revenus manquait. Beaucoup d'usagers se présentent sans ce papier, et certains reviennent trois fois. La mesure la plus fiable reste le nombre de personnes effectivement accompagnées : 4 106 sur douze mois, contre 3 190 l'année précédente, un chiffre suivi par l'Observatoire parisien de l'autonomie à partir des remontées mensuelles des treize maisons concernées.
Ce suivi ne dit rien de la qualité de l'accompagnement lui-même.
Les visites de convivialité qui tiennent
Le dispositif « Voisins solidaires », porté par la Fédération des centres sociaux de Paris, a mobilisé 612 bénévoles en 2023, chacun s'engageant sur six mois minimum à raison de deux visites par mois. Sur les 1 847 personnes inscrites, 1 309 ont reçu au moins dix visites sur la durée prévue, soit 71 %, un résultat meilleur que les 58 % de l'essai mené en 2021 dans les 18e et 19e arrondissements.
Deux journées de formation obligatoires ont été instaurées, à la Maison des associations du 10e, rue du Faubourg-Saint-Martin.
Le taux d'abandon des bénévoles sur six mois est de 23 %. Il grimpe à 41 % chez ceux qui n'ont pas suivi les deux journées.
Ces chiffres reposent sur des déclarations d'associations, pas sur un échantillon contrôlé, et ils sont donc à prendre avec prudence, d'autant que la solitude ressentie a été évaluée par une échelle de six questions administrée à l'entrée puis à six mois : le score baisse de 2,3 points en moyenne chez les personnes visitées, tandis qu'il reste stable chez celles inscrites sur liste d'attente.
Aucune évaluation n'a été faite à douze mois.
L'échec de la plateforme numérique
La plateforme « Paris Aîné », censée simplifier les démarches via un portail unique, a coûté 2,8 millions d'euros.
Sur les 9 200 comptes créés entre mars et décembre 2023, seuls 1 173 ont été utilisés plus de trois fois, et le taux d'abandon à la première connexion atteint 62 %, un chiffre que les maisons de l'autonomie expliquent par le même obstacle partout : la double authentification par téléphone, que beaucoup de personnes âgées ne peuvent pas franchir faute de forfait mobile ou parce qu'elles ne savent pas lire un code reçu par SMS.
La Ville a reconnu l'échec en mars 2024.
La plateforme reste en ligne, mais aucune nouvelle fonctionnalité n'y sera ajoutée, et le budget prévu pour 2025 a été réaffecté à l'accueil physique à hauteur de 1,4 million d'euros. Un test mené à la maison de l'autonomie du 20e, rue de Ménilmontant, montre pourtant qu'un accompagnement en présentiel fonctionne : sur 240 personnes suivies, 189 ont utilisé la plateforme au moins cinq fois.
Ce résultat n'a été reproduit nulle part ailleurs.
Le logement adapté, chantier inachevé
Paris Habitat a livré 318 logements adaptés au premier semestre 2024, sur un objectif de 400, un retard que la direction impute aux contraintes techniques des immeubles anciens du 11e et du 18e, où les travaux de salle de bains représentent à eux seuls 46 % des coûts.
Le délai moyen entre la demande et la livraison est de 14,7 mois.
Il était de 11,2 mois en 2022, et cette hausse s'explique par la pénurie d'entreprises qualifiées pour les douches à accès libre : trois appels d'offres ont été déclarés infructueux entre septembre 2023 et février 2024. Une expérimentation de colocation intergénérationnelle a par ailleurs été menée dans le 15e, rue de la Convention, avec douze binômes constitués.
Les trois échecs tiennent au bruit et au partage des espaces communs.
Ce qui doit changer
Le comité de suivi, présidé par l'adjointe à la solidarité, s'est réuni le 12 septembre 2024 pour acter une révision, et quatre priorités ont été retenues : renforcer les équipes d'accueil physique, supprimer la double authentification, financer la formation des bénévoles, accélérer les marchés de travaux.
Aucun objectif chiffré n'a été publié pour 2025.
La Cour régionale des comptes doit rendre un rapport intermédiaire en janvier 2025, portant sur l'exécution budgétaire du plan et sur l'écart entre les annonces et les réalisations, un exercice auquel la Ville s'est déjà prêtée en 2022 sans que les recommandations soient toutes suivies d'effet.